Le désir troublé par le cancer du sein

© Krme

58% des femmes ayant bénéficié d’un traitement contre le cancer du sein ne ressentent quasiment plus de désir sexuel par la suite. C’est l’un des résultats choc de l’étude que viennent de publier des psycho-oncologues de l’Institut Curie à Paris. Pire, 29% des patientes sondées (des femmes de 18 à 70 ans interrogées entre 6 mois et 5 ans après le traitement) affirment ne plus avoir d’activité sexuelle du tout. Et parmi celles qui ont conservé une activité sexuelle régulière, 51% témoignent de difficultés à atteindre l’orgasme.

Une altération du désir et du plaisir qui selon les auteurs de l’étude peut durer plusieurs années. En cause d’abord, l’effet psychologique de traitements – notamment chirurgicaux – qui suscitent chez la patiente un sentiment de dévalorisation et d’atteinte à sa féminité, avec pour conséquences l’altération de certaines fonctions sexuelles et une baisse de la libido. Une situation de doute et de souffrance que l’attention du conjoint peut certainement contribuer à améliorer, puisque selon cette étude toujours, 20% de ces femmes ressentent une distance émotionnelle au sein de leur couple et 25% d’entre elles ressentent chez leur partenaire une certaine appréhension du rapport sexuel.

Alors que faire ? En parler bien sûr, au sein du couple autant que possible mais aussi le cas échéant en se faisant aider d’un psychologue ou d’un sexologue professionnel dont l’écoute et les conseils aideront à aborder plus posément cette difficulté.

Mais un autre constat dressé à l’occasion est aussi que ce sujet qui touche à l’intimité du couple de personne soignée n’est pas assez traité en amont, au risque de laisser ensuite la patiente trop seule avec ses doutes et son incompréhension. Car pour 6 femmes interrogées sur 10 (65%), l’information qu’elles ont préalablement reçues sur les effets possibles du cancer et du traitement sur leur sexualité a été insuffisante. Un constat qui a conduit l’Institut Curie à concevoir un portail d’information entièrement consacré aux femmes et au cancer du sein.

Dans Mon corps | Réactions (8) | Envoyer à un ami Envoyer à un ami
Lien permanent : Permalink

Tags: , , , ,

Réagissez à cet article

*

Votre contribution sera publiée dès relecture par notre équipe de modération.

Vos réactions à cet article (8)
Le désir troublé par le cancer du sein

  1. Scoubidouce a réagi :

    Je n’ai pas personnellement vécu cette situation mais une amie proche m’en a beaucoup parlé. Effectivement son appréhension de la nudité l’a longtemps bloqué. Mais après quelques temps la chirurgie « reconstructrice » lui a permis en quelque sorte de se réconcilier avec son corps et sa féminité.

    • Didou a réagi :

      Le point de départ c’est quand même en effet la qualité et l’humanité du personnel médical qui nous entoure. Et là, ça pêche vraiment. C’est bien la chirurgie reconstructrice, mais ça ne répare pas tout malheureusement.

  2. Laurence-Paris a réagi :

    Le rôle de mon époux a été très important pour moi. Son regard d’homme toujours amoureux m’a énormément rassurée et m’a permis je crois de mieux accepter. J’ai également préféré consulter un psychologue quelques mois.

  3. Ricochet a réagi :

    Excellente étude… quoiqu’un peu flippante… Dommage que l’on ne sache pas si certains traitements sont à éviter ou au contraire à privilégier… Mais bon, intéressant quand même. Merci

  4. arnaud a réagi :

    Personne ne se demande ce qu’est un « psycho-oncologue »… moi je ne savais pas trop-trop… Alors voici : « Le psycho-oncologue est un psychologue ou un psychiatre qui travaille dans un service de cancérologie. Quant à la psycho-oncologie, c’est une discipline qui permet de relier la sphère psychique au monde corporel et somatique de la maladie cancéreuse. Toutefois, le terme même de psycho-oncologie pose question. Existe-t-il une spécificité à travailler auprès de patients atteints de maladies cancéreuses ? Le débat reste ouvert. »

  5. 1 question... a réagi :

    Vu que le cancer du sein touche en particulier les femmes de 50 ans et plus… est-ce que la baisse du désir n’est pas un effet de l’âge ? J’aimerais savoir.

    • Scoubidouce a réagi :

      La question des troubles du désir et du plaisir sont fréquemment évoqués en même temps que celles du vieillissement hormonal et de la ménopause, donc l’âge est sans doute un paramètre, ne serait-ce que psychologique de nouveau. De là à dire que les résultats de l’étude évoquée sont faussés par le fait que les patientes traitées pour un cancer du sein sont en moyenne « âgées »… je ne crois pas. Interrogées dans les mois qui suivent leur traitement on peut imaginer que ces femmes ont su témoigner des changements intervenus à cette occasion dans leur vie.

    • Laurence-Paris a réagi :

      On peut espérer en effet… que les traitements n’atteignent pas aussi notre aptitude à un minimum de logique tout de même :)